Ouverture du secteur des études de marché : un tournant stratégique

En tant que professionnel chez Jiaxi Fiscal et Comptabilité, je suis témoin depuis quatorze ans des évolutions progressives de l’environnement des affaires en Chine. L’un des changements les plus significatifs pour nos clients étrangers, notamment ceux issus du secteur des services professionnels, est sans conteste l’ouverture du secteur des études de marché. Longtemps considéré comme un domaine sensible, ce secteur était soumis à des restrictions strictes en matière de propriété étrangère et de portée des activités. Aujourd’hui, dans le cadre de la politique d’ouverture plus large de la Chine, ces barrières tombent progressivement. Cet article vise à fournir aux investisseurs francophones une analyse approfondie de cette ouverture, de ses implications pratiques et des opportunités qu’elle génère. L’ouverture du secteur des études de marché constitue une porte d’entrée stratégique pour les investisseurs étrangers souhaitant comprendre et pénétrer le marché chinois. Nous aborderons les aspects réglementaires, opérationnels, concurrentiels et stratégiques, en nous appuyant sur des cas concrets et des recherches récentes. Mon objectif est de vous offrir une vision claire et actionnable, loin des discours officiels, pour vous aider à naviguer dans ce nouveau paysage.

Cadre réglementaire assoupli

Le cadre réglementaire régissant les études de marché en Chine a connu une libéralisation notable depuis 2017, avec la révision du Catalogue des industries encouragées pour l’investissement étranger. Avant cette date, les sociétés étrangères devaient obligatoirement créer des coentreprises avec des partenaires chinois, souvent avec une participation minoritaire, pour exercer des activités d’études de marché. Aujourd’hui, la propriété exclusive étrangère est autorisée dans plusieurs zones de libre-échange, notamment à Shanghai, Pékin et Hainan. Cette évolution s’inscrit dans le cadre de la loi sur les investissements étrangers entrée en vigueur en 2020, qui a uniformisé les règles pour les investisseurs nationaux et étrangers. Toutefois, il subsiste des exigences de conformité, comme l’obtention d’une licence spécifique délivrée par le Bureau national de la statistique (NBS) pour la collecte de données primaires. Dans ma pratique, j’ai accompagné une société française spécialisée dans les panels de consommateurs qui a pu créer une filiale à 100 % à Shenzhen en 2022, une procédure inimaginable il y a dix ans. Le principal défi reste l’interprétation locale des règles, qui peut varier d’une province à l’autre. Par exemple, certaines autorités locales exigent des rapports trimestriels détaillés sur les méthodologies d’enquête, une surcharge administrative que nous aidons nos clients à gérer.

Un autre point clé est la classification des activités. Les études de marché « traditionnelles » (sondages, focus groups) sont désormais plus accessibles, mais les études impliquant des données personnelles ou des secteurs régulés (santé, finance) restent soumises à des contrôles renforcés. La loi sur la cybersécurité et la loi sur la protection des informations personnelles (PIPL) ajoutent des couches de conformité que les investisseurs doivent anticiper. Par exemple, la collecte de données auprès de consommateurs chinois nécessite un consentement explicite et un stockage local des données. J’ai vu une entreprise allemande perdre plusieurs mois de mise sur le marché faute d’avoir intégré ces exigences dès la conception de son projet. Mon conseil : travaillez avec des experts locaux dès la phase de due diligence pour cartographier les autorisations nécessaires. En résumé, le cadre s’assouplit, mais la complexité opérationnelle demeure. L’ouverture ne signifie pas absence de règles, mais plutôt des règles plus transparentes et prévisibles. C’est une nuance essentielle pour les investisseurs habitués à des environnements moins réglementés.

Enfin, notons que la Chine a récemment publié une liste négative actualisée en 2023, réduisant encore les restrictions dans les services professionnels. Pour les études de marché, cela signifie que les entreprises étrangères peuvent désormais participer à des appels d’offres publics pour des projets gouvernementaux, ce qui était auparavant réservé aux entités chinoises. Cette ouverture crée un marché potentiel de plusieurs milliards de yuans, notamment dans les études d’opinion publique et d’évaluation des politiques. Cependant, la concurrence sera rude, car les acteurs locaux bénéficient de relations établies. Dans mon expérience, les étrangers réussissent mieux en se positionnant sur des niches technologiques (analyse de données massives, IA appliquée aux études) plutôt qu’en frontal contre les géants chinois comme iResearch ou CTR. La clé est de lire attentivement les lignes directrices du NBS, qui sont disponibles en anglais mais dont les subtilités juridiques échappent parfois aux non-initiés.

Opportunités de marché émergentes

L’ouverture du secteur des études de marché en Chine intervient à un moment où la demande intérieure explose. Avec une classe moyenne de plus de 400 millions de personnes et une digitalisation accélérée, les entreprises chinoises et étrangères ont un besoin criant de données fiables pour comprendre les comportements d’achat, les préférences de marque et les tendances sectorielles. Les études de marché ne sont plus un simple outil de marketing, mais un pilier stratégique pour l’innovation produit et l’expansion géographique. Par exemple, une étude récente de McKinsey Chine montre que 68 % des entreprises multinationales augmentent leurs budgets d’études de marché en Chine, contre 45 % en 2019. Cette demande crée des opportunités pour les nouveaux entrants étrangers, surtout ceux qui apportent des méthodologies avancées (analyse prédictive, neuro-marketing) ou une expertise sectorielle pointue (santé, automobile, luxe). J’ai personnellement conseillé une petite société suisse d’études qualitatives qui a décroché un contrat avec un géant chinois de l’e-commerce en moins de six mois, simplement parce qu’elle maîtrisait les techniques d’entretiens semi-directifs adaptées à la culture chinoise.

Un autre gisement d’opportunités réside dans les études de marché pour les secteurs réglementés. La libéralisation progressive des services financiers, de l’éducation et de la santé attire des investisseurs étrangers qui ont besoin d’études de faisabilité locales. Par exemple, une société américaine de capital-risque m’a demandé récemment d’évaluer le potentiel du marché des cliniques dentaires privées à Chengdu. Nous avons dû combiner des données publiques (recensement, rapports du ministère de la Santé) avec des enquêtes terrain auprès de 200 patients. Ce type de projet, impensable il y a cinq ans pour une entité étrangère, est désormais légal et même encouragé. Les autorités locales voient ces études comme un moyen d’attirer des investissements de qualité. Les études de marché deviennent un pont entre les capitaux étrangers et les besoins de développement local. Cependant, attention à la concurrence des cabinets chinois, qui facturent souvent 30 à 50 % moins cher. La différenciation se fera par la qualité, la rapidité et la conformité internationale.

Il faut aussi mentionner l’essor des études de marché en ligne et mobiles. La pénétration d’Internet en Chine dépasse 75 %, et les applications comme WeChat ou Douyin offrent des canaux de collecte de données inégalés. Les entreprises étrangères qui maîtrisent ces outils peuvent réaliser des études à grande échelle pour une fraction du coût traditionnel. Par exemple, une start-up britannique a utilisé un chatbot WeChat pour sonder 10 000 consommateurs sur leurs habitudes de petit-déjeuner, en trois semaines et pour moins de 50 000 yuans. J’ai aidé cette entreprise à obtenir l’approbation du NBS en démontrant que les données étaient anonymisées et stockées sur un serveur local. Ce cas illustre comment la technologie et l’ouverture réglementaire se conjuguent pour créer de nouvelles opportunités. Mais attention : la collecte de données personnelles sans consentement explicite est passible d’amendes pouvant atteindre 50 millions de yuans ou 5 % du chiffre d’affaires mondial. La prudence est donc de mise.

Enfin, les partenariats public-privé dans les études de marché se développent. Les municipalités chinoises commandent de plus en plus d’études pour évaluer la satisfaction des citoyens ou l’efficacité des politiques publiques. Les entreprises étrangères peuvent soumissionner à ces appels d’offres, à condition de s’associer à une entité locale pour la partie logistique. J’ai récemment accompagné un cabinet canadien dans un projet d’évaluation de la politique de logement à Hangzhou. Le contrat était de 2 millions de yuans, et malgré une concurrence féroce, leur expertise en analyse d’impact social a fait la différence. C’est un domaine où l’expérience internationale est très valorisée. Les investisseurs doivent donc surveiller les portails des marchés publics et cultiver des relations avec les think tanks locaux. L’ouverture ne se limite pas au secteur privé ; elle touche aussi la commande publique, ce qui élargit considérablement le marché addressable.

Défis concurrentiels et culturels

Malgré l’ouverture, le marché chinois des études de marché reste dominé par des acteurs locaux bien implantés. Des entreprises comme CTR Market Research (filiale de CCTV), iResearch, ou Horizon Research disposent de bases de données massives, de réseaux d’enquêteurs dans tout le pays et de relations privilégiées avec les médias et les autorités. Pour un nouvel entrant étranger, concurrencer ces géants de front est illusoire. La stratégie gagnante consiste à se spécialiser sur des segments de niche ou à former des alliances stratégiques. Par exemple, une société néerlandaise spécialisée dans les études sur les seniors a conclu un partenariat avec un institut de recherche universitaire à Shanghai, lui donnant accès à des panels de retraités que les concurrents n’avaient pas. La clé est de comprendre que le marché chinois n’est pas homogène : les habitudes de consommation à Guangzhou diffèrent radicalement de celles à Xi’an. Les études génériques ont peu de valeur ; les études hyper-localisées sont très demandées.

Un autre défi majeur est culturel. Les répondants chinois ont tendance à donner des réponses socialement désirables ou à éviter les critiques directes, surtout dans les enquêtes en face-à-face. Les méthodologies occidentales standard (échelles de Likert, questions ouvertes) peuvent produire des biais importants si elles ne sont pas adaptées. J’ai vu une étude américaine sur la satisfaction client échouer lamentablement parce que les questions étaient traduites littéralement, sans tenir compte des nuances de politesse chinoise. Par exemple, demander « Êtes-vous en désaccord avec ce produit ? » peut être perçu comme agressif. Il faut plutôt utiliser des formulations indirectes : « Dans quelle mesure ce produit correspond-il à vos attentes ? ». Les entreprises qui investissent dans la formation culturelle de leurs équipes locales réussissent mieux. De plus, la notion de confidentialité est différente : beaucoup de Chinois se méfient des enquêtes téléphoniques non sollicitées, perçues comme des arnaques. Le taux de réponse peut chuter à 10 %, contre 40 % en Europe. Pour y remédier, il faut passer par des plateformes de confiance (WeChat, applications bancaires) ou offrir des incitations claires (coupons, petits cadeaux).

La concurrence ne vient pas seulement des entreprises chinoises, mais aussi des autres multinationales déjà installées. Les grands groupes comme Nielsen, Kantar ou Ipsos sont présents en Chine depuis des décennies et ont su s’adapter. Ils bénéficient d’économies d’échelle et de relations institutionnelles solides. Pour un nouvel entrant, il est presque impossible de les déloger sur les études de marché de grande consommation. En revanche, des opportunités existent dans les études B2B (marchés industriels, technologies de pointe) ou dans les études qualitatives approfondies (ethnographie, observation participante). J’ai accompagné une petite firme italienne qui a réussi à percer en proposant des études ethnographiques sur les habitudes d’achat dans les marchés de gros de Guangzhou. Aucun grand groupe ne faisait cela, car trop coûteux en temps. La flexibilité et l’agilité sont les armes des nouveaux entrants. Il faut aussi accepter que les marges soient plus faibles qu’en Occident au début, le temps de bâtir une réputation.

Enfin, les défis liés à la propriété intellectuelle et à la protection des données sont réels. Les méthodologies d’enquête, les modèles d’analyse et les bases de données sont des actifs précieux qui peuvent être copiés par des partenaires locaux indélicats. J’ai connu un cas où une société française a partagé son algorithme de segmentation client avec un sous-traitant chinois, qui l’a ensuite revendu à un concurrent. Les recours juridiques existent, mais ils sont longs et coûteux. La solution : fragmenter les projets, ne jamais divulguer l’ensemble du savoir-faire, et utiliser des accords de non-divulgation robustes, rédigés en chinois et en anglais. La confiance se construit progressivement, par petits contrats, avant d’envisager des partenariats plus larges. C’est une leçon que je répète souvent à mes clients : en Chine, la prudence contractuelle n’est pas de la paranoïa, c’est de la survie.

Stratégies d’entrée gagnantes

Pour réussir dans le secteur des études de marché en Chine, il faut une stratégie d’entrée réfléchie. La première option est la création d’une filiale à 100 % (WFOE), désormais possible dans la plupart des zones. Cette structure offre un contrôle total sur les opérations et la propriété intellectuelle, mais elle exige un investissement initial conséquent (au moins 1 million de yuans de capital social) et une équipe locale complète. C’est la voie choisie par les grands groupes. Pour les plus petits, la coentreprise (JV) avec un partenaire chinois reste pertinente, surtout pour accéder à des panels de répondants ou à des licences spécifiques. J’ai conseillé une PME belge qui a formé une JV à 49/51 avec un institut de recherche de Pékin. Le partenaire chinois apportait les autorisations et les enquêteurs, la PME apportait la méthodologie. Après deux ans, ils ont réalisé un chiffre d’affaires de 8 millions de yuans. La clé est de choisir un partenaire dont les intérêts sont complémentaires et non concurrents. Un conseil : évitez les partenaires qui veulent seulement votre technologie ; privilégiez ceux qui ont une clientèle établie et une réputation à préserver.

Une autre stratégie est l’acquisition d’un cabinet local existant. Racheter une petite société d’études de marché chinoise permet d’obtenir instantanément une licence, des employés formés et un portefeuille de clients. C’est souvent plus rapide que de partir de zéro. Par exemple, une société allemande a racheté un cabinet de 20 personnes à Chengdu pour 5 millions de yuans, et a ainsi pu démarrer ses activités en trois mois. Cependant, l’acquisition comporte des risques : passif social, conformité fiscale, pratiques commerciales douteuses. Il faut faire appel à un auditeur local comme Jiaxi pour vérifier les comptes et les contrats. Dans mon expérience, 30 % des acquisitions dans ce secteur échouent à cause d’une due diligence bâclée. Ne sous-estimez jamais l’importance des relations personnelles : le fondateur local peut partir avec ses clients, laissant l’acquéreur avec une coquille vide. Il faut donc prévoir des clauses de non-concurrence et des incitations à la rétention.

Le partenariat avec des plateformes technologiques chinoises est une troisième voie. Des entreprises comme Tencent, Alibaba ou Baidu offrent des services de collecte de données via leurs écosystèmes (WeChat, Taobao, Baidu Maps). Une entreprise étrangère peut s’associer à ces plateformes pour réaliser des études à grande échelle. Par exemple, une société américaine a utilisé l’API de WeChat pour mener une enquête sur les habitudes de paiement mobile auprès de 50 000 utilisateurs, avec un taux de réponse de 35 %. Le coût était trois fois inférieur à une enquête traditionnelle. Mais attention : ces plateformes imposent leurs propres règles de confidentialité et prennent une commission importante (20 à 30 %). De plus, elles gardent souvent les données brutes. C’est un compromis acceptable si vous avez besoin de volume, mais pas si vous voulez construire une base de données propriétaire. J’ai vu une start-up française perdre l’accès à ses données après la fin du contrat avec une plateforme. Lisez bien les clauses de réversion des données.

Enfin, une approche frugale consiste à commencer par des projets pilotes avec des clients existants. Beaucoup d’entreprises étrangères ont déjà des clients en Chine (via l’export ou des filiales) et peuvent leur proposer des études de marché sur leurs propres consommateurs. C’est un moyen peu risqué de tester le marché. Par exemple, une société suisse de cosmétiques vendait déjà via Tmall ; elle a demandé à Jiaxi de réaliser une étude de satisfaction auprès de 500 acheteuses. Le succès de cette étude a convaincu la maison mère d’ouvrir une filiale d’études de marché à Shanghai. Commencez petit, prouvez votre valeur, puis scalez. Cette approche évite les investissements lourds et permet d’apprendre les subtilités locales. Mon conseil : ne cherchez pas à conquérir tout le marché chinois d’un coup ; ciblez une ville, un secteur, un type de client. La Chine est un continent, pas un pays.

Impact sur les investissements étrangers

L’ouverture du secteur des études de marché a un effet d’entraînement sur les investissements étrangers dans d’autres secteurs. En permettant aux investisseurs de mieux comprendre le marché chinois, elle réduit l’asymétrie d’information qui freine de nombreuses décisions d’investissement. Auparavant, les entreprises étrangères devaient se fier à des rapports gouvernementaux vagues ou à des consultants peu scrupuleux. Aujourd’hui, elles peuvent commander des études sur mesure, avec des méthodologies transparentes. Cela a un impact direct sur la qualité des décisions. Par exemple, une société de capital-investissement américaine a récemment renoncé à un investissement de 50 millions de dollars dans une chaîne de restaurants après une étude de marché indépendante montrant une saturation locale. Sans cette étude, elle aurait probablement perdu son capital. Les études de marché deviennent un outil de gestion des risques, pas seulement de marketing. Les investisseurs avisés les intègrent dans leur processus de due diligence.

De plus, l’ouverture attire des investissements dans le secteur lui-même. Les sociétés étrangères d’études de marché qui s’installent en Chine créent des emplois qualifiés, transfèrent des technologies et améliorent les standards locaux. Par exemple, l’arrivée de Kantar a stimulé la concurrence et poussé les cabinets chinois à adopter des normes internationales (ISO 20252). J’ai observé une amélioration notable de la qualité des rapports d’études au cours des cinq dernières années, en partie grâce à cette pression concurrentielle. Les investisseurs étrangers bénéficient de cette montée en gamme, car ils obtiennent des données plus fiables. C’est un cercle vertueux : plus d’ouverture → plus de concurrence → meilleure qualité → plus d’investissements. Ce phénomène est particulièrement visible dans les zones de libre-échange, où les clusters d’études de marché se forment (Shanghai, Shenzhen).

Cependant, il ne faut pas surestimer l’impact. Le secteur des études de marché reste petit par rapport à d’autres services professionnels (audit, conseil juridique). Son ouverture est symbolique mais ne va pas transformer l’économie chinoise à elle seule. De plus, les autorités gardent un œil vigilant sur les études touchant à la sécurité nationale, à l’opinion publique ou aux minorités ethniques. Les investisseurs doivent éviter les sujets sensibles (Tibet, Xinjiang, Taïwan) sous peine de voir leur licence révoquée. J’ai vu une société européenne perdre son autorisation pour avoir réalisé une étude sur les habitudes de consommation dans une région autonome sans autorisation préalable. La leçon : restez dans votre domaine de compétence et ne franchissez pas les lignes rouges politiques. L’ouverture est réelle mais encadrée.

Sur le plan macroéconomique, cette ouverture s’inscrit dans la stratégie chinoise de passage d’une économie manufacturière à une économie de services. Les études de marché sont un service à forte valeur ajoutée qui aide les entreprises à innover et à monter en gamme. En encourageant les investissements étrangers dans ce secteur, la Chine espère améliorer l’efficacité de son marché intérieur et mieux répondre à la demande des consommateurs. C’est aussi un signal envoyé aux investisseurs internationaux : la Chine reste ouverte aux affaires, malgré les tensions géopolitiques. Pour les professionnels de l’investissement, c’est une opportunité de diversification et d’accès à des informations de première main. Mais il faut rester lucide : l’ouverture peut être réversible en cas de changement politique. La prudence et la diversification des risques sont de mise.

Perspectives futures et recommandations

L’avenir du secteur des études de marché en Chine s’annonce prometteur, mais semé d’embûches. La tendance à l’ouverture devrait se poursuivre, portée par les engagements pris dans le cadre de l’Accord de partenariat économique régional global (RCEP) et des négociations avec l’Union européenne. On peut s’attendre à une simplification des procédures de licence et à une plus grande transparence des règles. Par exemple, le NBS a annoncé son intention de digitaliser les demandes d’autorisation d’ici 2025, ce qui réduira les délais de plusieurs semaines à quelques jours. Les investisseurs doivent se préparer à ces changements en renforçant leurs capacités de conformité numérique. Mon conseil : investissez dans des logiciels de gestion de la conformité (RGPD, PIPL) et formez vos équipes locales. La technologie sera un facteur clé de succès.

En parallèle, la concurrence va s’intensifier. Les cabinets chinois montent en gamme et commencent à exporter leurs services. Des acteurs comme iResearch ouvrent des bureaux en Asie du Sud-Est. Les investisseurs étrangers ne pourront plus se contenter d’apporter une méthodologie occidentale ; ils devront innover en continu. Les domaines porteurs sont l’intelligence artificielle appliquée aux études (analyse de sentiments, prédiction de tendances), la neuro-marketing (EEG, eye-tracking) et les études longitudinales (panels de consommateurs sur plusieurs années). Les entreprises qui investissent dans la recherche et développement local seront les gagnantes. J’ai récemment visité un laboratoire de neuro-marketing à Shanghai, fondé par un Français et un Chinois, qui travaille pour des marques de cosmétiques et d’automobile. Leurs tarifs sont trois fois plus élevés que la moyenne, mais ils sont complets. C’est un exemple à suivre.

Sur le plan réglementaire, il faut surveiller l’évolution de la loi sur les statistiques et de la PIPL. Des clarifications sont attendues sur la définition des « données sensibles » et sur les transferts transfrontaliers de données. Actuellement, les entreprises étrangères doivent stocker les données personnelles des résidents chinois en Chine, mais les règles pour les données anonymisées sont floues. Une clarification pourrait faciliter les opérations mondiales. Les investisseurs doivent participer aux consultations publiques via les chambres de commerce (Chambre de commerce européenne, AmCham) pour faire entendre leurs voix. J’ai participé à plusieurs de ces réunions et je peux témoigner que les autorités sont à l’écoute, même si les changements prennent du temps. Ne restez pas passifs : engagez-vous.

Enfin, une recommandation stratégique : diversifiez vos sources d’information et ne dépendez pas d’un seul cabinet d’études. Le marché chinois est opaque ; croiser les données de plusieurs fournisseurs permet de réduire les biais. Par exemple, pour évaluer le marché des véhicules électriques, combinez les rapports de la Fédération chinoise des constructeurs automobiles, les études de cabinets privés et vos propres enquêtes terrain. La vérité est souvent dans la triangulation. De plus, nouez des relations avec des universités locales (Tsinghua, Peking University) qui mènent des recherches de pointe. Leurs études sont souvent plus fiables et moins coûteuses que celles des cabinets commerciaux. J’ai aidé un client à conclure un partenariat avec un laboratoire de l’Université Fudan pour une étude sur les habitudes alimentaires. Le coût était de 200 000 yuans, contre 800 000 yuans pour une étude équivalente chez un grand cabinet. L’ouverture crée des ponts ; encore faut-il les emprunter intelligemment.

Conclusion

L’ouverture du secteur des études de marché dans le cadre de la politique d’ouverture de la Chine représente une opportunité significative pour les investisseurs étrangers. Elle offre un accès direct à des informations de marché fiables, réduit les risques liés à l’asymétrie d’information et stimule la concurrence, ce qui améliore la qualité des services. Nous avons vu que le cadre réglementaire s’assouplit, notamment avec la possibilité de créer des filiales à 100 % et de participer aux marchés publics. Les opportunités abondent dans les niches technologiques, les études B2B et les partenariats avec des plateformes locales. Cependant, des défis persistent : concurrence des acteurs locaux, barrières culturelles, protection des données et risques politiques. Les stratégies gagnantes incluent la spécialisation, les partenariats stratégiques, l’acquisition ciblée et une conformité rigoureuse. L’impact sur les investissements étrangers est positif, car il permet une meilleure évaluation des projets et attire des capitaux dans le secteur des services. Pour l’avenir, je recommande aux investisseurs de se préparer à la digitalisation des autorisations, d’investir dans la R&D locale et de diversifier leurs sources d’études. La Chine reste un marché complexe, mais l’ouverture des études de marché en fait un terrain de jeu plus équitable et plus transparent. Comme je le dis souvent à mes clients chez Jiaxi : « Ne cherchez pas à éviter les règles, cherchez à les comprendre mieux que vos concurrents. » C’est ainsi que vous transformerez l’ouverture en avantage compétitif.

En tant que professionnel chez Jiaxi Fiscal et Comptabilité, je suis convaincu que l’ouverture du secteur des études de marché en Chine est une lame de fond qui bénéficiera à long terme aux investisseurs étrangers. Notre cabinet, avec ses 14 ans d’expérience dans les procédures d’enregistrement et 12 ans au service des entreprises étrangères, accompagne déjà plusieurs clients dans ce domaine. Nous constatons que les autorités locales, en particulier dans les zones de libre-échange, sont de plus en plus réceptives et efficaces. Notre perspective est que d’ici 2025-2027, la Chine deviendra l’un des marchés les plus ouverts au monde pour les études de marché, à condition que les investisseurs respectent scrupuleusement les règles de protection des données et évitent les sujets sensibles. Nous recommandons à nos clients de commencer par des projets pilotes, de nouer des alliances avec des universités et des think tanks locaux, et d’investir dans la formation culturelle de leurs équipes. Chez Jiaxi, nous offrons un service clé en main : de la constitution de la filiale à l’obtention de la licence NBS, en passant par la mise en conformité PIPL. Notre valeur ajoutée réside dans notre connaissance intime des pratiques administratives locales et notre réseau de partenaires fiables. Nous croyons que l’ouverture des études de marché n’est pas une mode, mais une transformation structurelle qui profitera aux investisseurs patients et bien préparés. N’hésitez pas à nous contacter pour une évaluation personnalisée de votre projet. L’avenir appartient à ceux qui savent écouter le marché chinois, et nous sommes là pour vous y aider.

Ouverture du secteur des études de marché dans le cadre de la politique d'ouverture de la Chine